Neuvaine
à saint Antoine de Padoue, l’ami des pauvres

du 4 au 12 juin 2026

« Tends ta main au pauvre, pour être pleinement béni. Que ta générosité s’étende à tous les vivants ; même envers les morts sois généreux. Ne te détourne pas de ceux qui pleurent, afflige-toi avec les affligés. N’hésite pas à visiter un malade : en agissant ainsi, tu seras aimé. Quoi que tu fasses, souviens-toi que ta vie a une fin, et jamais tu ne pécheras » (Ben Sirac VII, 32-36).


« Tends ta main au pauvre. » Le pape François a choisi les trois premières paroles de ce texte pour annoncer, le 13 juin 2020, fête liturgique de saint Antoine de Padoue, la "4e Journée mondiale des pauvres" (15 novembre 2020). Auparavant, le 15 février, à l’occasion du 8e centenaire de sa vocation franciscaine (en l’automne 1220, à Coimbra, Portugal), le Pape avait adressé une Lettre au supérieur général des Frères Mineurs Conventuels, custodes du sanctuaire de Padoue, pour souhaiter que l’événement "suscite, chez les Religieux franciscains et tous ses dévots du monde, le désir d’expérimenter la même inquiétude qui le conduisit sur les routes du monde pour témoigner, par la parole et les œuvres, l’amour de Dieu. Que son exemple de partage des difficultés des familles, des pauvres et des mal aisés, ainsi que sa passion pour la vérité et la justice, puissent susciter, encore aujourd’hui, un généreux engagement du don de soi, sous le signe de la fraternité. Je pense surtout aux jeunes, avait-il ajouté : que ce saint, ancien mais si moderne et génial dans ses intuitions, puisse être, pour les nouvelles générations, un modèle à suivre afin de rendre fécond le chemin de chacun" ».

Même si saint Antoine de Padoue n’est pas nommé parmi les motifs qui ont inspiré la Journée mondiale des pauvres, son aura spirituelle est sous-jacente à toute la pensée du pape François. N’est-il pas parmi les saints les plus vénérés par les chrétiens et autres croyants, bouddhistes et musulmans ? N’est-il pas l’ami des pauvres qui compatit à toutes nos misères et le plus universellement invoqué pour les grandes et petites choses de la vie ? « Quel est ton secret ? », se demandait le petit livre de prières que nous avions confectionné avec les frères de toutes les familles franciscaines et les plus célèbres sanctuaires d’Italie, de France et du Québec. 

Saint Antoine est l’amoureux fou de Dieu qui n’a pas hésité à suivre l’exemple des cinq premiers martyrs franciscains au Maroc et, par sa parole toute imprégnée de la force de l’Évangile, a opéré des conversions merveilleuses, défendu les pauvres contre les abus des grands et des puissants, et s’est ému de compassion, comme Jésus devant les lépreux et les aveugles, a partagé leurs souffrances et imploré leur guérison.

L’exercice de piété au nom de saint Antoine prend généralement la forme d’une treizaine – 13 invocations, 13 jours en préparation de sa fête, treize mardis, treize demandes, chapelets de treize grains… –, en souvenir du 13 juin 1231, jour de sa mort. La forme de la neuvaine est empruntée aux exercices en l’honneur des saints, de la Vierge et du Seigneur. Quelle que soit sa forme, publique ou privée, chaque exercice s’adresse en premier lieu à Jésus Christ, l’unique médiateur qui, « avec un grand cri et dans les larmes, offre sans cesse des prières et des supplications à Dieu » (He V, 7) pour nous. « Auprès du Christ, les saints, écrit saint Antoine, sont nos intercesseurs. » La prière du saint pénètre les Cieux, comment ne vaincra-t-elle pas un ennemi sur Terre ?

Notre neuvaine à saint Antoine de Padoue ne sera donc autre que sa propre prière, celle qu’il a apprise de saint Augustin et de saint François, selon les conseils de saint Paul à son disciple Timothée : « Je recommande, avant tout, qu'on fasse des supplications, des prières, des demandes, des actions de grâces » (1 Tm 2, 1). Supplier, avec insistance, et se lasser. Prier, c’est-à-dire s’entretenir familièrement comme avec un ami et un père. Demander les choses nécessaires à la vie, même les plus simples, comme les objets perdus, sans oublier les plus importants, l’Esprit d’amour et « la charité qui croit tout, espère tout, supporte tout » (1 Co XIII, 7). Actions de grâces, dire merci pour tous les dons reçus.

L’itinéraire que nous proposons durant neuf jours se compose des étapes suivantes : après une brève invitation, nous exposerons le thème du jour, inspiré de neuf moments forts de la vie d’Antoine, sur la trace des six premières biographies : l’Assidua, anonyme, appelée ainsi du premier mot du texte (1232) ; la Vita secunda, de Julien de Spire (1235) ; le Dialogus, extrait de la Geste des Frères Mineurs (1245-1246) ; la Benignitas (1280 environ) ; la Raymundina, de Pierre-Raymond de Saint-Romain (après 1293) et la Rigaldina, de frère Jean Rigaud (fin XIIIe-début XIVe siècle). 

Quelques pensées de saint Antoine, des papes ou autres commentateurs introduiront une brève méditation sur la manière de vivre aujourd’hui. Enfin, des intentions de prière exprimeront nos propres invocations et demandes.


Cette neuvaine publiée par l’Association Marie de Nazareth a été rédigée par Valentin Strappazzon, franciscain conventuel, spécialiste de saint Antoine de Padoue.


Programme de la neuvaine 

  • Jour 1 : Une enfance, dans le milieu familial empreint de foi. 

  • Jour 2 : La vie religieuse dans le cadre des monastères augustiniens de Lisbonne et de Coimbra.

  • Jour 3 : Le désir du martyre et la vocation franciscaine de saint Antoine de Padoue. 

  • Jour 4 : Antoine, orant et contemplatif. 

  • Jour 5 : L’appel de la Croix, à la suite de François d’Assise.

  • Jour 6 : Missionnaire parmi des communautés déchirées par les hérésies.

  • Jour 7 : La présence aux pauvres et la compassion pour les blessés de la vie. 

  • Jour 8 : Un Carême de conversions et de médiations politiques et sociales.

  • Jour 9 : Antoine, chantre de Marie et de ses fêtes : Nativité, Purification, Annonciation et Assomption.

Pour participer :